Munachar et Manachar

Irlande 

Traduction : Armanel - conteur


L’île d’Erin est célèbre pour sa beauté et pour la quantité de personnages fabuleux qui y vivent : des elfes, des lutins, des fées, des géants, des démons et encore plein d’autres créatures que vous n’avez peut-être jamais vues.

Ces créatures sont très discrètes et ne se montrent presque jamais aux humains qui cherchent à leur voler leur or. Elles préfèrent vivre dans leurs grottes, ou sous terre, et ne sortir que les jours de brouillard ou à la nuit tombée.

 

IL y a très longtemps, vivaient les deux lutins Munachar et Manachar. Ils vivaient depuis très longtemps, ensemble comme deux frères et ils se ressemblaient tellement qu’on aurait pu croire que c’étaient des frères jumeaux. Ils avaient les mêmes chaussures, les même pantalons, les mêmes chemises, les mêmes bonnets et tous les deux avaient aussi un grand nez pointu. Une seule chose les différenciait; Munachar était grand et mince et Manachar était petit et rondelet. En fait Manachar avait un gros appétit et mangeait sans cesse, il aurait bien chipé dans le garde manger de Munachar quand le sien était vide.

 

Un jour, ils sont sortis ensemble pour cueillir des framboises et tandis que Munachar remplissait son panier, Manachar ne faisait que manger. Puis Munachar a dit qu'il devait aller chercher une branche pour faire un trépied afin d’y accrocher son panier. Manachar, qui avait mangé toutes ses framboises se jeta sur le panier de Munachar puis s’est allongé pour faire la sieste sous un chêne. Munachar très en colère s’est planté devant un saule afin d’obtenir une baguette flexible pour donner une bonne correction à Manachar.

« Bonjour, Monsieur le saule, j’ai de gros problèmes avec Manachar qui n’arrête pas de me manger toutes mes framboises. S’il te plait, donne-moi une baguette bien flexible afin que je puisse lui donner une bonne correction ! ».

 

« Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes » répondit le saule. « Su veux une baguette flexible pour punir Manachar, tu n’as qu’à la prendre toi-même. Si tu n’es pas assez fort, trouve –toi une hache.

 

Munachar est allé à la recherche de la hache.

 « Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé la hache.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. Le saule est d’accord de me donner une branche flexible si toi tu veux bien la couper. S’il te plait, madame la hache, viens et suis moi. »

 

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu la hache. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne suis pas aiguisée, va d’abord chercher la meule si tu veux que je puisse te rendre service. » 

Munachar est allé à la recherche de la meule.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé la meule.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. La hache est d’accord de me couper une branche flexible du saule si toi tu veux bien l’aiguiser. S’il te plait, madame la meule, viens et suis moi. »

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu la meule. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, avant d’aiguiser la hache, je dois d’abord prendre un bain complet dans de l’eau froide. Va d’abord chercher de l’eau si tu veux que je puisse te rendre service. »

 

Munachar s’est précipité vers la rivière qui coulait non loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé la rivière.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. La meule est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je la plonge dans de l’eau. S’il te plait, madame la rivière, donne moi un peu d’eau. »

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu la meule. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Va d’abord chercher un cerf qui voudra bien nager pour moi si tu veux que je puisse te rendre service. » 

 

Munachar est allé à la recherche du cerf qui broutait non loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé le cerf.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. La rivière est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je trouve un cerf qui veuille bien nager pour elle. S’il te plait, monsieur le cerf, viens avec moi jusqu’à la rivière. »

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu le cerf. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne bougerais pas d’ici tant que je ne serai pas poursuivi par un chien de chasse. Si tu veux que je puisse te rendre service, trouve –toi un bon chien. » 

 

 

Munachar est allé à la recherche d’un chien qui dormait dans un ferme pas loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé le chien.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. Le cerf est d’accord de nager pour la rivière qui est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je trouve un bon chien de chasse capable de le pourchasser. S’il te plait, monsieur le chien, viens avec moi pourchasser le cerf. »

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu le chien. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne bougerais pas d’ici tant que tu ne trouveras pas une motte de beurre qui veuille venir graisser mes pattes. Si tu veux que je puisse te rendre service, trouve –toi un d’abord une motte de beurre. » 

 

Munachar est allé à la recherche d’une motte de beurre qui séchait dans une ferme pas loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé la motte de beurre.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. Le chien est d’accord de poursuivre le cerf qui est d’accord de nager pour la rivière qui est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je trouve une motte de beurre afin de graisser ses pattes. S’il te plait, monsieur le beurre, viens avec moi graisser le pattes du chien »

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu la motte de beurre. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne bougerais pas d’ici tant que tu ne trouveras pas un chat qui veuille venir me gratter avec ses griffes. Si tu veux que je puisse te rendre service, trouve –toi un d’abord un chat. » 

 

Munachar est allé à la recherche du chat qui se prélassait pas loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé le chat.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. Le beurre est d’accord de graisser les pattes du chien qui est d’accord de pourchasser le cerf qui est d’accord de nager pour la rivière qui est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je trouve un chat qui veuille venir gratter la motte. S’il te plait, monsieur le chat, viens avec moi pour gratter la motte de beurre. »

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu le chat. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne bougerais pas d’ici tant que tu ne trouveras pas donner un bol de lait. Si tu veux que je puisse te rendre service, trouve –toi un d’abord du lait. » 

 

Munachar est allé à la recherche d’une vache qui broutait dans un champ pas loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé la vache.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. Le chat est d’accord de griffer le beurre qui est d’accord de graisser les pattes du chien qui est d’accord de pourchasser le cerf qui est d’accord de nager pour la rivière qui est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je lui donne un bol de lait. S’il te plait, madame la vache, donnes-loi un peu de lait. »

 

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu la vache. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne bougerais pas tant que je n’aurais pas eu un peu de foin de la faucheuse que tu vois là-bas. Si tu veux que je puisse te rendre service, apporte moi du foin. »

 

Munachar est allé à la rencontre la faucheuse dans le champ pas loin de là.

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé la faucheuse.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. La vache est d’accord de donner du lait au chat qui est d’accord de griffer le beurre qui est d’accord de graisser les pattes du chien qui est d’accord de pourchasser le cerf qui est d’accord de nager pour la rivière qui est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je lui donne un peu de foin. S’il te plait, madame la faucheuse, donnes-loi un peu de foin. »

 

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a répondu la faucheuse. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne bougerais pas tant que le meunier ne m’aura pas donné tous les ingrédients nécessaires à la confection d’un gâteau. Si tu veux que je puisse te rendre service, apporte moi ce que je te demande. »

 

Munachar est allé à la rencontre du fermier.

 

« Quelles nouvelles m’apportes –tu aujourd'hui ? » A demandé le fermier.

« C’est ce coquin de Manachar qui me cause bien des soucis. Il ne travaille jamais et ne pense qu’à manger. Mais, cette fois, j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je vais lui donner une bonne correction. La faucheuse est d’accord de donner du foin à la vache qui est d’accord de donner du lait au chat qui est d’accord de griffer le beurre qui est d’accord de graisser les pattes du chien qui est d’accord de pourchasser le cerf qui est d’accord de nager pour la rivière qui est d’accord pour me donner de l’eau afin de baigner la meule qui est d’accord d’aiguiser la hache qui est d’accord de me couper une branche flexible du saule si je lui donne un bol de lait. S’il te plait, monsieur le fermier, donnes-moi les ingrédients de la recette du gâteau. »

 

« Tu m’ennuies avec ton Manachar ! » a le fermier. « Tes problèmes, ne sont pas mes problèmes. Et puis, je ne te donnerais aucun des ingrédients de la recette pas tant que tu ne m’auras rapporté cette passoire pleine d’eau de la rivière là-bas. Si tu veux que je puisse te rendre service, apporte moi ce que je te demande. »

 

Alors Munachar a pris la passoire des mains du fermier et est allé à la rivière. Il s’est penché plusieurs fois sur la rivière pour remplir la passoire, mais chaque fois qu’il la sortait de la rivière celle-ci se vidait.

Munachar commençait à désespérer quand une corneille passa par là ; «  Il faut enduire la passoire de boue » a crié la corneille.

« Je vous remercie » a crié Munachar « c’est vraiment un bon conseil que vous me donnez-là. » Et Munachar a pris de l’argile rouge et en a enduit la passoire jusqu’à ce que tous les trous soient remplis, puis il a puisé de l’eau au fond de la rivière et l’a apportée au fermier.

Le fermier lui a donné les ingrédients pour la faucheuse. La faucheuse lui a donné du foin pour la vache qui lui a donné du lait au chat qui a griffé le beurre qui est allé graisser les pattes du chien qui a pourchassé le cerf qui a nagé pour la rivière qui a donné de l’eau afin de baigner la meule pour aiguiser la hache afin de couper une branche flexible du saule afin que Munachar puisse aller fouetter Manachar.

Munachar décida de retourner près du chêne ou Manachar faisait la sieste. Mais lorsqu’il arriva  au pied de l’arbre il n’y avait plus de Manachar. Il n’y avait que le panier vide et un gros tas de viande tout à côté. Puis Munachar vit le chapeau de Manachar qui était posé à côté du tas de viande.

Mais que s’était – il  donc passé ?

On ne l’a jamais su, mais Munachar a pensé que Manachar avait mangé tellement de framboises que son ventre avait éclaté.

Et voila la fin de l’histoire.

Mais faites attention si vous êtes trop gourmant, car, même les lutins, dans les contes, peuvent être victimes de leur gourmandise.