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Saint Goulven 

  Evêque du Léon



Tad hon eneou, Aotrou Sant Goulihan,

War ho kenvroïz, skuilhit frank ho pennozh;

Grit hor buhez dibec’h, sioul hor zremenven,

Ma tanvimp ganeoc’h dudi ar Baradoz.


Père de nos âmes, Monsieur Saint Goulven,

Sur vos compatriotes versez largement vos grâces;

Faites notre vie sans péché, tranquille notre trépas;

Que nous goûtions avec vous la joie du Paradis!





En l’an 540, pour fuir l’invasion saxonne, un nommé Glaudan, accompagné de sa femme enceinte Galoguen, a traversé la Manche depuis la côte anglaise. Leur barque, séparée par un coup de vent de la flottille dont elle faisait partie, est venue s’échouer au fond d’une anse bordant le territoire de Plouider.

La détresse des naufragés est grande : Tout le rivage est alors couvert de taillis épais et impénétrables et le pays est pratiquement désert semblant uniquement habité par les bêtes sauvages.

A peine Galoguen a-t-elle mis pied à terre qu’elle se sent prise des douleurs de l’enfantement. Glaudan ne sait pas comment il pourrait secourir sa femme qui, fiévreuse, lui demande de l’eau pour se rafraîchir. La seule eau qu’il voit est l’eau salée de la bai dans laquelle ils ont échoué. Glaudan, désespéré, est obligé d’abandonner son épouse pour tenter de trouver une source, mais il n’a aucun récipient pour rapporter cette eau éventuelle.

Glaudan s’avance à travers le taillis quand il aperçoit une chaumière adossée à la forêt, sur la falaise qui domine la baie. Reprenant espoir, il il frappe à la porte qui s’ouvre en laissant le passage à un homme qui lui refuse ctégoriquement de l’aider. Glaudan insiste et l’homme consent à lui indiquer l’entrée d’un sentier qui conduit à un ruisseau tout proche et lui tend un petit récipient. Mais Glaudan s’égare dans l’épaisseur du bois sombre et ne parvient pas à trouver le ruisseau.

Après avoir marché toute la nuit et la journée du lendemain, Glaudan retrouve Galoguen à l’endroit où il l’avait laissée. Elle lui sourit et lui présente l’enfant qui est né et qu’elle allaite. C’est un beau garçon qu’elle a appelé Goulven. A ses côtés coule l’eau d’une fontaine qui a jailli au moment où l’enfant naissait.

Gludan et Galoden ont décidé de s’installer auprès de cette fontaine.



Quelques années plus tard un riche voisin compatissant , nommé Gouzien, s’occupe enfin de ces réfugiés et prend à sa charge l’éducation et l’instruction de ce dernier. Quand Goulven atteint l’âge de 10 ans, il le place dans une école monastique toute proche, ouverte depuis peu par le moine St Hervé, à Lanhouarneau.

A la fin de ses études, Goulven décide de mener une vie monastique et il se met à catéchiser la population. Sur la plage même ou ses ses parents ont abordé et où il a vu le jour il construit une petite cabane (un peniti), et bientôt , de tous les environs , on vient lui demander conseils et secours tant spirituels que matériels.


Goulven passait des journées entières dans la prière et la contemplation, menant une vie très austère. Un saint homme du nom de Maden vint vivre avec lui et tous deux s’attachèrent à déboiser et à cultiver le terrain autour de leur maison Pour délimiter leur territoire, ils avaient planté trois croix en triangle, la croix de Prat ar Ven, la croix du Draon et la croix de Gouevern.

Le sol est devenu fertile grâce à leur labeur.Ils sont rapidement imités par d’autres habitants de la région qui s’installèrent dans le voisinage du « Mimhi de Saint Goulven » et mirent en valeur leurs terrains.

Goulven avait cependant peu de relations suivies avec ses voisins immédiats. Il ne parle à personne sauf à un rude laboureur nommé Ioncor (Le Joncour) qui habite le vallon voisin de Plou Enéour.


Un jour Goulven demande à Maden de se rendre chez cet ami et de lui demander un gage d’amitié :

_ «  Tu vas aller voir Ioncor et tu lui demanderas que pour sceller notre amitié, il me fasse don ce qu’il aura sous la main quand tu arriveras devant lui. Quoique te donne Ioncor, prendre le et remercie-le. Puis reviens vers moi sans le regarder jusqu’à ton arrivée au penity »

Maden se dirigea zers Plou Eneour, trouva Ioncor en train de labourer un champ avec sa charrue et lui transmit la demande de Goulven. Ioncor veut satisfaire le désir de Goulven et, n’ayant rien d’autre sous la main, il se baisse et ramasse trois poignées de terre qu’il dépose dans la chemise de Maden en lui disant de les envoyer à son maître.

Maden reprit le chemin du pénity en courant mais il a l’impression qu’à mesure qu’il avance, ce qu’il transporte s’alourdit. Bientôt il est obligé de ralentir car sa poitrine est oppressée et sa chemise risque de se déchirer. Enfin, à bout de forces il arrive devant Goulven.. Alors il regarde ce qu’il portait et s’aperçut que les trois poignées de terre étaient changées en lingots d’or !



A cette époque , des pirates venus du Nord faisaient souvent des incursions sur les côtes bretonnes. Ils arrivèrent un jour sur la côte du Léon. Le chef du village voisin, Even, est venu avant la bataille demander à Goulven de prier pour lui . Ensuite, il a rassemblé ses soldats, armé les paysans et réussi à prendre l’ennemi à revers, lui coupant la route du rivage. Quand Even,est venu annoncer la victoire à Goulven, il l’a trouva en prière, les bras en croix: comme Moïse, il n’avait cessé de prier pour le succès de la troupe d’Even. En récompense, il demanda simplement qu’un monastère soit construit dans le voisinage. C’est ce monastère qui semble avoir été à l’origine du village de Goulven.



La réputation de sainteté de Goulven s’est propagée rapidement à travers tout le pays et on lui attribue de nombreux miracles.

L’évêque du Léon meurt en 594. Le clergé et le peuple du Léon choisissent alors Goulven comme évêque. Mais Goulven qui craignait d’être « prisonnier » de ses ouailles, quitte son ermitage et son pays de Léhon pour se rendre à Rome, pensant que durant son absence on élirait un autre évêque. Mais les Léonards envoient de leur côté une délégation auprès du Pape pour lui expliquer les raisons de leur choix. Goulven doit s’incliner et il est sacré évêque du Léon par le Pape lui-même .



Goulven a assuré sa charge épiscopale jusqu’en 608. Puis fatigué et désireux de retrouver la solitude, il a démissionné et quitté Goulven avec Maden, son ami de toujours afin de recommencer leur rude vie d’ascétisme et de prières.

On retrouve leurs traces à St-Gelven( dans les Côtes d’Armor, près de Mur de Bretagne), à Taupont ( dans le Morbihan, près de Ploermel) et finalement à St-Didier, non loin de Châteaubourg, en Ille-et-Vilaine. C’est là qu’il mourut le 1er juillet 616.



Ses reliques furent transportées à Rennes mais son souvenir est resté vivace dans le Léon. De nombreux miracles lui ont été attribués après sa mort.

De nombreux vitraux, chapelles et fontaines lui sont consacrées.

Saint Goulven est le patron des églises de Goulven et de Goulien. Six chapelles lui ont été dédiées dans le Léon dont une à Plouguerneau( située au lieu-dit Kerilly et aujourd’hui en ruines).

Dans la collection des petits saints de Plouguerneau, il est représenté en tenue épiscopale sans attribut particulier.